Quelques semaines après sa prise du pouvoir de Gouverneur intérimaire de la Tshopo, Abibu Sakapela est appelé à donner suite aux recommandations de l’Assemblée provinciale formulée le 16 Juin 2021.
Au cours de cette plénière, le speaker de l’organe délibérant avait mentionné des recommandations qui sont sorties à l’issue de la conférence des présidents élargie aux membres du gouvernement provincial, tenue en date du 11 juin 2021.
Au cours de cette conférence des présidents élargie aux membres du gouvernement, plusieurs matières avaient été traitées dont, l’insécurité, le coulage des recettes de la province, le conflit des limites avec le Maniema mais également la destruction de la forêt par l’entreprise CEFT.
La conférence des présidents élargie aux membres du gouvernement provincial avait alors formulées quelques recommandations au Gouvernement provincial à savoir : inviter pour consultation les administrateurs des territoires, les chefs des secteurs et chefferies, les bourgmestres ainsi que les chefs des quartiers afin de faire l’état de lieu de la situation sécuritaire au sein de la province, de convoquer une rencontre avec les responsables des commerçants pour élaguer les malentendus qui avaient conduit à la paralysie des activités économiques, à procéder à la mise en place au sein de la Direction Générale des recettes de la province de la Tshopo et enfin de sanctionner les ministres provinciaux désobéissants.
Des recommandations qui viennent rallumer le feu au sein de la classe politique Tshopolaise qui estime que le Gouverneur intérimaire, Abibu Sakapela ne devrait pas prendre la décision de suspendre quelques ministres provinciaux par le simple fait qu’il expédie les affaires courantes mais également par le souci de préserver la paix et l’harmonie dans le chef des membres du gouvernement provincial.
Mais la grande question est de savoir qu’est ce qui arriverait si le Gouverneur intérimaire venait à refuser de mettre en pratique les recommandations formulées par l’organe délibérant ?
Voteront-ils une motion de censure contre lui ?
À la lumière des textes légaux, un Gouverneur intérimaire est-il sanctionnable par l’assemblée provinciale ?
Voilà autant de questions qui tourmentent l’esprit des Tshopolais et qui laissent transparaître que le Gouverneur intérimaire serait déjà empêtré juste à l’entame de sa prise des fonctions par l’assemblée provinciale.
On se rappellera également que parmi les griefs reprochés à Louis-Marie Walle Lufungula dans les lettres des deux motions de censure votées contre son Gouvernement provincial, figurait également l’outrage à la première institution provinciale. Et cette situation avait conduit au vote de cette motion de censure par la majorité des députés provinciaux.
Abibu Sakapela est-il obligé de mettre en application ces recommandations de la conférence des présidents élargie aux membres du Gouvernement provincial ?
Et surtout qu’à la fin de la lecture des ces recommandations à la plénière avant de les soumettre au vote, le Président de la l’assemblée provinciale avait signifié que ces recommandations entraient en vigueur à la date et l’heure de leur signature.
On note cependant, quelques décisions déjà prises par le gouverneur intérimaire. C’est le cas de la suspension du bourgmestre adjoint de la commune de la Tshopo mais également la nomination par arrêté d’un membre dans le bureau d’étude du Gouvernorat.
Pompon BEYOKOBANA, à Kisangani
