dimanche, 16 novembre 2025

Le Front Commun pour le Congo, FCC est sorti de son silence pour condamner la gestion du pouvoir par le chef de l’État congolais, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo dont il accuse d’avoir voilé la constitution de la République Démocratique du Congo à travers la nomination d’un informateur pour identifier une majorité parlementaire alors que celle-ci existait déjà.

Ci-dessous, l’intégralité du communiqué parvenu à election-net.com

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DECLARATION POLITIQUE DES PRESIDENTS DES
REGROUPEMENTS ET PARTIS POLITIQUES DU FRONT COMMUN
POUR LE CONGO (FCC)

Les Présidents des Regroupements et Partis Politiques membres du Front Commun pour le Congo (FCC), réunis en séances d’évaluation de la situation politique du pays samedi 2 et dimanche 3 janvier 2021, constatent l’instauration en République Démocratique du Congo des pratiques attentatoires aux acquis démocratiques engrangés au cours de
ces dernières années au prix de multiples sacrifices de notre peuple. Il s’agit notamment de :

a. L’offensive de l’UDPS, parti du Président de la République, contre le
Parlement en rétorsion à un vote de déchéance d’un de ses membres du Bureau de l’Assemblée Nationale l’année dernière. L’inviolabilité du siège de celle-ci, proclamée par l’article 7 de son Règlement Intérieur jugé conforme à la constitution par l’Arrêt R.Const. 891 du 29 mars
2019 lui accordant ainsi la force d’une Loi organique, a été, depuis lors malmenée à maintes reprises par des autorités judiciaires, militaires, policières et même des activistes du parti présidentiel pour contraindre les Députés Nationaux à se soumettre à la volonté et aux intérêts particuliers du Président de la République. Certains parmi ces élus légitimes du peuple congolais ont été soit l’objet de voies de fait ayant
abouti au décès de l’un d’entre eux, soit d’arrestations en violation de leurs immunités parlementaires consacrées par l’article 107 de la
Constitution et l’article 101 du Règlement Intérieur de l’Assemblée
Nationale.

b. L’intrusion du Président de la République dans les attributions constitutionnelles du Gouvernement et des Cours et Tribunaux à travers les ordonnances d‘organisation judiciaire du 17 juillet 2020, prises en violation des articles 78, 82, 152 et 158 de la Constitution consacrant la compétence liée du Président de la République relativement aux propositions du Conseil Supérieur de la Magistrature en la matière et conditionnant la validité de tels actes au contreseing
du Premier Ministre.

c. L’arrestation arbitraire du Ministre de la Justice, Garde des Sceaux pour avoir posé un acte qualifié par le 1er Ministre chef du Gouvernement lui-même de simple faute administrative ne méritant
qu’une sanction disciplinaire.
d. L’intrusion dans les attributions constitutionnelles des Assemblées provinciales par des mesures intempestives d’annulation des votes
régulièrement adoptés par ces dernières à l’encontre de quelques Gouverneurs de provinces en échange de leur transhumance vers
l’UDPS en s’appuyant abusivement sur la Justice et les technostructures sécuritaires (Police, ANR, FARDC) pour se constituer
des majorités artificielles différentes de celles issues des urnes.

C’est dans l’intention avérée de se soustraire à ces obligations constitutionnelles et légales que le Président de la République a délibérément provoqué une crise artificielle non prévue dans l’ordre constitutionnel congolais en décrétant unilatéralement le 6 décembre dernier, l’effritement d’une Majorité parlementaire à laquelle son parti l’UDPS était une associée du reste non significative au regard des résultats des élections du 30 décembre 2018.

Pour leFCC, cette brutale
remise en cause de la coalition majoritaire FCC-CACH ne saurait avoir
aucun impact sur la vie institutionnelle nationale dès lors que l’identification de la Majorité et de l’Opposition à l’Assemblée Nationale,
faite conformément aux articles 26 et 54 du Règlement Intérieur de
l’Assemblée Nationale en début de législature et pour toute la durée de celle-ci, n’est nullement remise en cause par le retrait de l’UDPS à défaut d’élections générales anticipées, seules à même de reconfigurer légalement cette dispensation.

Vu ce qui précède,

  1. Le FCC dénonce et s’inscrit en faux contre la tendance consistant
    à faire du Président de la République la source de légitimation des autres institutions de la République que sont le Parlement, le Gouvernement et les Cours et Tribunaux ; tendance qui énerve les articles 68, 91 al. 1er & 2ème ; 100, al.1er ; 149 al.1er et 150 2ème de
    la Constitution et qui viole le principe de la séparation des pouvoirs
  2. Le FCC condamne en conséquence la désignation unilatérale par
    le Président de la République d’un Informateur chargé d’identifier
    une Majorité parlementaire qui existe déjà depuis l’entame de la
    législature en cours, en l’absence de la destitution ou de la démission du Premier Ministre en exercice ou de nouvelles élections législatives, conditions sine qua non stipulées par l’article
    78 al. 2ème de la Constitution.
  3. Le FCC s’opposera de toutes ses forces à la dérive totalitaire ainsi qu’aux incitations subséquentes à la haine sur base d’appartenance
    ethnique et/ou politique. Il engage tous les Congolais à ne tolérer, à aucun prix, un tel recul démocratique. Il s’agit de conjurer une fois
    pour toutes le retour de l’autocratie par la culture du droit de la force
    au détriment de la force du droit.
  4. Le FCC s’associera néanmoins à toutes les initiatives visant à consolider la jeune démocratie congolaise notamment à travers la
    re-visitation de l’arsenal légal en vue d’y renforcer entre autres l’indépendance et l’impartialité de la Justice de même que les mesures de transparence du processus électoral et de
    dépolitisation de l’administration territoriale.

Enfin, le FCC salue la mémoire de tous les compatriotes qui nous ont
quittés au cours de l’année 2020 du fait de la pandémie Covid-19 et de l’insécurité persistante dans l’Est de notre pays, singulièrement à Beni Butembo-Lubero ainsi qu’en Ituri.

Une pensée pieuse aussi pour nos militaires qui sont tombés dans le cadre de leurs fonctions au service de la patrie dont les derniers en date sont les jeunes pilotes, fleurons de la Force aérienne congolaise.
A leurs familles ainsi qu’à toute la nation congolaise, le FCC présente ses condoléances attristées.

Fait à Kinshasa, le 03 Janvier 2021

Les Présidents des Regroupements et Partis Politiques du FCC

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