Gustave Omba , membre de la plénière de la CENI doutes quant à la tenue des élections en 2023 en République Démocratique du Congo, RDC.
Pour lui, il existe déjà un retard de près d’une année pour les préparatifs.
Il estime que le président de la CENI, Corneille Nangaa, pousse le Président de la République à se rendre compte des enjeux qui en découlent. Ce, en organisant certains ateliers des logisticiens électoraux.
« Je pense que le président Nangaa veut seulement pousser le Chef à être devant un fait accompli et ramener ceux-là qui pensent que les élections vont s’organiser en 2023 à faire la pression. Le contexte n’est pas le même. Même nos experts à l’interne ont déjà présenté un tableau sombre. Le Président Nangaa connaît parce que nous avons réalisé beaucoup de formations avec lui autour de la question de planification électorale. Aujourd’hui, l’atelier des logisticiens qu’il venait clôturer c’est juste une action à trompe œil, plein des matériels de la commission électorale nationale indépendante aujourd’hui dans l’ensemble du pays ont été détournés, vendus, d’autres matériels sont devenus défectueux parce que les conditions d’entreposage posent problème », s’est-il exclamé.
Et d’ajouter en énumérant certains aspects et contraintes qui empêchent l’organisation des élections en 2023.
« Le vrai problème se trouve du côté des moyens financiers capables d’exécuter ce projet. Quand vous parcourez le budget de l’État, on ne réserve pas grand-chose aux élections. Le pays est en train de traverser une crise économique, si en 2018 nous avons organisé les élections parce qu’il y a eu des fonds qui sont sortis outre le budget de l’État mais aussi l’argent sortait vite parce que la CENI était carrément une vache à lait, l’argent sortait et retournait. Aujourd’hui le contexte économique et social fait que l’État n’a pas les moyens de son action. Je ne sais pas comment est-ce que nous allons arriver à organiser ces élections. Déjà les agents de la CENI ne sont pas payés, ils ont un salaire réduit à 60% à 70%, il faut d’abord les mettre dans les conditions de travail », a-t-il fait savoir.
Et de poursuivre en précisant que la CENI a déjà un retard de près d’une année.
« Nous avons déjà 11 à 12 mois de retard et on est obligé de repartir pour lever les options sur la nécessité de renouveler le fichier électoral », a-t-il laissé entendre.
Pour Gustave Omba, la question de consensus devrait primer pour mettre toutes les parties prenantes en accord.
« On ne doit pas seulement se limiter aux questions techniques, mais il y a aussi des questions d’ordre légal, la loi elle-même n’a pas encore connu des modifications, il faut réformer cette loi de la CENI, c’est plus qu’indispensable parce que la manière dont elle a été présentée, j’ai vu les faiblesses de la plénière, il faut réfléchir autrement mais pour que la réforme se fasse il faut d’abord qu’il ait une évaluation. C’est l’évaluation qui va avec toutes les parties prenantes qui dira la lumière sur ce qui peut faire objet de la réforme. Donc il y a une partie législative qu’il faut faire par rapport à la réforme et puis la partie technique que la CENI est appelée à faire », s’est exprimé l’expert aux élections.
Kivin Arsène Bile
