Personne dans l’entourage du Chef de l’État, du moins, parmi ses collaborateurs approchés par election-net.com, ne veut confirmer ni infirmer les « bruits du Palais » en circulation depuis mercredi, 21 octobre tard dans la soirée sur le contenu de l’allocution de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo annoncée pour ce vendredi, 23 octobre.
Le communiqué du Directeur de cabinet intérimaire du Président de la République Démocratique du Congo qui fait l’annonce officielle de ce discours très attendu s’est contenté d’annoncer le report de la traditionnelle réunion du conseil des ministres de chaque vendredi pour ne pas brouiller le speech à la nation du numéro un congolais laissant place à toutes sortes de spéculations.
Dissolution du parlement ou révocation du Gouvernement ?
Voilà les deux préoccupations qui taraudent les esprits, chaque congolais pronostiquant sur quelle balance pencherait le chef de l’État congolais secoué par le Front Commun pour le Congo de son allié et prédécesseur, Joseph Kabila Kabange depuis la nomination des hauts-magistrats et des officiers dans les Forces Armées de la République Démocratique du Congo, FARDC.
Dans les milieux des habitués des arcanes des pouvoirs politiques congolais, l’on va plus loin dans les hypothèses sur l’attitude possible du dirigeant. Arrivé au pouvoir en janvier 2019, Félix Tshisekedi est confronté dès le début de son quinquennat, notamment par une situation sécuritaire préoccupante à l’Est du pays , la crise économique, la crise sanitaire et l’amplification de la crise politique au sein de sa coalition FCC-CACH.
Dissoudre le parlement serait un exercice laborieux pour lui qui devra alors organiser des législatives anticipées dans ce contexte particulier sans pour autant en être certes de l’emporter.
« Si pour la dissolution du parlement Fatshi la trouve coûteuse et trop risquée, il préfère renverser la majorité parlementaire actuelle pour lui permettre de contrôler le Gouvernement. C’est dans ce cadre que des négociations ont été amorcées avec divers groupes (Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi, Modeste Bahati et quelques membres du FCC dont plusieurs groupes auraient mordu à l’appât). La caution ou la garantie de bonne exécution est de haute valeur, un ambassadeur occidental en personne, conseiller du président », confie un cadre du FCC et proche des Kabila à election-net.com.
Mais malgré la disponibilité de ces probables futurs alliés de Félix Tshisekedi et la caution du diplomate à « veiller au respect des engagements » des uns et des autres, le chef de l’État voudrait être plus pragmatique en cherchant la déchéance de Jeannine Mabunda par sa nouvelle majorité parlementaire avec comme grief, son refus d’organiser la cérémonie de prestation de serment des juges constitutionnels.
Une fois l’étape franchie avec succès, le dirigeant congolais pourra passer par la nomination d’un informateur qui serait son propre Haut Représentant, Kitenge Yesu pour identifier la nouvelle majorité parlementaire en vue de former un nouveau Gouvernement acquis à sa cause.
Mais pour l’instant, aucun cadre du FCC, Front Commun pour le Congo ou du Cap pour le Changement n’a abordé la question en profondeur pour permettre à une opinion déjà suspendue à l’annonce du discours du président congolais d’avoir les premiers éléments d’appréciation.
En dernière minute, l’on annonce plusieurs audiences à la cité de l’Union Africaine sans que personne n’ait la moindre idée de leurs contenus.
José-Junior Owawa
