Alioune Tine, le président de Africaom Center était l’invité ce jour de l’émission Afrique sur les antennes de la RFI. Il a fait comprendre que les populations sénégalaises ont eu trop peur ces derniers jours à cause des événements meurtriers survenus un peu partout, au Sénégal. « Je pense qu’il y a d’abord le précédent de Karim Wade et Khalifa Sall, qui étaient deux candidats présidentiables, qui ont eu des procès qui n’ont pas été ressentis par tout le monde comme des procès équitables. C’est que la justice sénégalaise les a écartés pratiquement par les mêmes juges. Quand il y a eu cette histoire de viol, la thèse du complot politique a fini, effectivement, par gagner de plus en plus l’opinion, du fait qu’il y a eu l’affaire de Karim Wade, qui a été écartée, et celle de Khalifa Sall » a dit monsieur Alioune Tine.
Selon lui, il est évident qu’il y a un lien. « Mais en même temps, il faut le dire, le grand problème que nous avons, c’est la question de l’indépendance de la justice. C’est toujours l’opposition qui est accusée. Alors forcément, les gens se disent que c’est une justice partisane. Et dans un contexte politique, dans lequel Sonko est une espèce de star de la jeunesse – parce que c’est une jeunesse souverainiste, radicale – et Sonko est anti-système, il a des rappeurs » fait-il expliquer…
« Et sans compter aussi, il faut le dire, il y a pas mal de religieux qui le soutiennent, parce qu’il a une certaine intégrité morale, il est très pieux, il articule un discours sur la question de la bonne gouvernance…
Donc tout cela fait qu’ils le prennent pour quelqu’un d’exemplaire » ajoute-t-il dans ses propos. Et bien sûr, poursuit-il, la pandémie de Covid-19 est un facteur aggravant !
A l’en croire, y a eu le couvre-feu qui a été très long et les gens n’ont pas pu travailler. « Depuis pratiquement l’indépendance, on n’a jamais vu autant de violence ! » tient-il à préciser.
Mapote Gaye
