dimanche, 16 novembre 2025

Le député national, Claudel André Lubaya a interpellé le chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo au sujet de la crise politique actuelle dans la Province du Kasaï Central. En effet, dans un communiqué de presse publié ce mardi, 24 novembre à Kinshasa dont une copie a été envoyée à election-net.com, l’élue décrit les tensions qui règnent dans cette contrée depuis la destitution du Gouverneur Martin Kabuya par les députés provinciaux suivie de la mort de son Adjoint, Ambroise Kamukuni.

Alors que le Gouverneur déchu est dans l’attente de la décision de la justice, l’élu de Kananga préconise l’arbitrage du Président de la République pour sauver une situation déjà catastrophique sur terrain.

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Ci-dessous, l’intégralité du communiqué parvenu à election-net.com

KASAI CENTRAL

Mes inquiétudes

Sans autorité, sans gouvernement et donc sans perspective à l’horizon, la Province du Kasaï
Central s’enfonce progressivement dans une crise multi sectorielle sans issue, qui accentue la
souffrance de la population et interpelle le pouvoir central sur le rôle qui est le sien.

La crise est née de la destitution expéditive et par contumace du Gouverneur Martin Kabuya par l’assemblée provinciale, dans un climat délétère aux allures de règlement des comptes. Certes, il y a lieu de reconnaître, par honnêteté intellectuelle, que dans l’exercice de ses
fonctions, le Gouverneur Martin Kabuya n’a pas été parfait. Il a eu ses torts et ses faiblesses et
c’est vrai, comme en a tout être humain. Face aux nombreux défis et sans ressources conséquentes, sa gouvernance n’a pas rencontré les attentes de la population avec laquelle il a
eu par ailleurs des rapports souvent tendus.

Mais dans un État voulu de droit par tous et pour tous, même surpris avec du sang et des cranes de ses victimes sur les mains, le prévenu bénéficie, jusqu’à preuve du contraire, de la
présomption d’innocence et du droit constitutionnel incontestable à la défense. C’est ce principe élémentaire de l’État de droit qui n’a pas été ni respecté ni appliqué dans la procédure de sa destitution, d’où la controverse.

Désigné pour assumer l’intérim, le Vice-Gouverneur Ambroise Kamukuny d’heureuse mémoire a été précipité dans le séjour des morts par l’irréparable fin de vie humaine; laissant
à son tour une province déjà instable dans l’incertitude et sa population dans le désespoir et le
dénuement.

Depuis, plus rien ne va. Sur fond d’extrême pauvreté, les démons de la division refont surface et ne se gênent plus.

Les tensions naissent entre communautés et s’amplifient. L’insécurité
s’intensifie dans toutes les contrées. Le désespoir s’installe pendant que la Province s’enlise. L’administration publique est paralysée. Le gouvernement intérimaire tétanisé et privé des moyens politiques et financiers. L’assemblée provinciale impayée, divisée, dispersée et livrée
à la merci du plus offrant, elle s’est détournée de ses missions constitutionnelles; certains de ses membres ayant préféré retourner à des tâches extraparlementaires à la quête de la survie.

En attendant le dénouement du recours introduit par le Gouverneur déchu à la Cour
constitutionnelle, j’en appelle à l’arbitrage impartial du Président de la République, Garant du
fonctionnement harmonieux des institutions et Magistrat suprême, pour que le droit soit dit au-delà des passions et des pressions des intérêts égoïstes. Seul le Président de la République, rempart institutionnel en temps de crise, peut user de son rôle dans l’intérêt de la paix, de
l’unité et de la concorde d’une province qui l’a massivement élu.

En cette période trouble de la vie de la Province du Kasaï Central, je demande
respectueusement au Président de la République d’inscrire la résolution de la crise à l’agenda de ses priorités pour que quelle que soit l’issue du recours précité, qu’aucun camp politique ni groupe sociologique ne crie victoire et qu’aucun autre ne se sente lésé. La stabilité des
institutions provinciales et la cohésion entre peuples ainsi que la mise en priorité des actions de développement vont largement au-delà des positions des personnes et constituent des axes
de choix pour la paix et le développement durables de la province.

Aux forces vives de la Province, aux leaders politiques, sociaux, religieux et culturels, aux
femmes et à la jeunesse, je rappelle à haute voix que notre province est encore fragile, les plaies causées par les violences de 2016-2018 encore fraîches.

Le bon sens recommande à tous d’éviter d’attiser la haine, source de tensions, et de faire preuve du sens élevé de responsabilité
pour préserver notre vivre ensemble au regard des défis à relever.

Ensemble, nous avons
l’obligation d’œuvrer ensemble, sans exclusion, pour mettre notre province à l’abri de l’incertitude et de la précarité. J’y crois fermement et j’y tiens ardemment. L’histoire nous
jugera à cela.

La République tout comme l’engagement politique nous appelle à mettre en avant l’intérêt de la population et à demeurer à son service, loin de nos positions partisanes.

Tel est le sens de mon appel à la raison et la raison d’être de mon interpellation.

Fait à Kinshasa, le 24 nov 2020

LUBAYA Claudel André

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