Après le vote par les députés français d’un texte controversé interdisant aux journalistes la diffusion malveillante d’images des forces de l’ordre, la commission européenne vient de rappeler ce lundi 23 novembre 2020 que les journalistes doivent «faire leur travail librement et en toute sécurité».
«La Commission s’abstient de commenter des projets de loi, mais il va sans dire qu’en période de crise, il est plus important que jamais que les journalistes puissent faire leur travail librement et en toute sécurité» souligne le porte-parole de l’exécutif européen Christian Wigand à l’agence France presse.
A en croire la même source, «Comme toujours, la Commission se réserve le droit d’examiner la législation finale afin de vérifier sa conformité avec le droit de l’UE».
Pour rappel, l’Assemblée nationale française a voté en première lecture, le vendredi 20 novembre dernier, la mesure la plus controversée de la proposition de loi « sécurité globale » : celle qui pénalise la diffusion malveillante de l’image des forces de l’ordre, mais avec des garanties du gouvernement.
Suite à un amendement gouvernemental, l’article 24, adopté par 146 voix pour et 24 contre, prévoit de pénaliser d’un an de prison et 45.000 euros d’amende, « sans préjudice du droit d’informer », la diffusion de « l’image du visage ou tout autre élément d’identification » d’un agent de la police nationale, gendarme ou d’un agent de police municipale, « dans le but manifeste qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique ».
Pompon BEYOKOBANA
