Si l’Afrique devrait renouer avec la croissance économique après la crise du Covid-19, la pauvreté et dette publique vont s’aggraver, a averti la Banque africaine de développement (BAD) dans ses Perspectives économiques en Afrique 2021 publié le 12 mars. L’extrême-pauvreté pourrait toucher 39 millions d’Africains, soit un tiers de la population du continent.
Après avoir connu sa première récession en un demi-siècle l’an dernier (-2,1%), le PIB du continent devrait renouer en 2021 avec une croissance de 3,4%, indique la BAD. Soit une prévision légèrement plus optimiste que celle du Fonds monétaire international (FMI), qui anticipait une croissance +3,1% dans ses prévisions de janvier.
Cependant les conséquences sociales de la pandémie qui a frappé l’économie mondiale vont continuer de se faire sentir alors que la pauvreté avait constamment reculé depuis deux décennies. Autre conséquence à long terme de la pandémie de Covid-19, la flambée des dettes des Etats africains.
« Le choc de la pandémie et la crise économique qu’il a provoquée ont eu des implications directes sur les soldes budgétaires et le fardeau de la dette des pays« , a expliqué la BAD.
Pour Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie en 2001 et Akinwumi Adesina, président de la BAD, la lenteur des livraisons de vaccins et l’évolution de la pandémie rendront difficile la réduction de l’extrême pauvreté et maintiendront la croissance économique en territoire négatif.
Ils ont admis qu’un plan exhaustif global serait nécessaire pour aider les pays à faire face à une dette croissante, aggravée par la pandémie.
Nelly E.
