La perspective de possibles opérations militaires conjointes impliquant la République démocratique du Congo(RDC), le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi et la Tanzanie contre les nombreux groupes armés actifs dans la partie Est de la RDC suscite de vives inquiétudes parmi les parlementaires congolais siégeant à Kinshasa. Selon les élus du peuple, les rebellions à l’Est de la RDC sont souvent issus de pays voisins tels que le Rwanda, le Burundi ou l’Ouganda. Faire intervenir les armées de ces pays en RDC, c’est être à la fois juge et partie.
« Une bêtise qu’il faudra absolument éviter est celle d’autoriser l’entrée des troupes rwandaises, ougandaises et burundaises en RDC. L’apport de nos voisins doit se limiter à l’échange des renseignements pour combattre les rebelles FDLR, ADF et FNL. Et pas des opérations conjointes », avait affirmé jeudi le député Juvénal Munubo Mubi, député élu de la province du Nord-Kivu, dans une question orale avec débat adressée au ministre de la Défense et des Anciens combattants, Aimé Ngoy Mukena sur ce dossier. Une question transmise au bureau de l’Assemblée nationale
Certains élus de l’Ituri et du Nord-Kivu estiment quant à eux que le gouvernement devrait, au contraire, donner des moyens nécessaires aux FARDC pour venir à bout de ces bandits. Car « nos forces sont capables de le faire si les autorités les mettent dans les meilleures conditions ».
« Le Sénat congolais se penchera sur la question d’une éventuelle intervention des armées rwandaise, burundaise et ougandaise dans l’est de la RDC », a indiqué mardi son président, Alexis Thambwe Mwamba, en réponse à la question d’un sénateur.
Le lancement d’éventuelles opérations conjointes menées en territoire congolais par les Forces armées de la RDC (FARDC, l’armée gouvernementale) avec la coopération de quatre pays voisins est évoquée depuis une dizaine de jours à la suite de la publication sur des réseaux sociaux de documents attribués au chef d’état-major des FARDC, le général Célestin Mbala Munsense. L’objectif, selon le document, serait de mener une grande offensive conjointe contre les groupes armés présents dans les deux Kivu entre novembre – en trois phases, dont la première débuterait dès le 15, a précisé M. Wondo à l’agence Belga et mai 2020.
Liévin LUZOLO