Dans un communiqué de presse rendu public ce samedi 19 février, la coalition « Le Congo n’est pas à vendre » a réagi à l’annonce faite au conseil des ministres du vendredi 18 février par le Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo selon laquelle la commission mise en place par le gouvernement a conclu, après négociations, avec le groupe Fleurette appartenant à l’homme d’affaires Israélien Dan Gertler , les termes de référence d’un protocole d’Accord « devant permettre à notre pays de récupérer les blocs pétroliers et les actifs miniers détenus par ledit Groupe, bloc et actifs évalués à plus de 2 milliards de dollars américains, ainsi qu’une partie substantielle des royalties de Kamoto Copper Comptant (KCC) qui lui étaient cédés ».
Ainsi, la coalition « Le Congo n’est pas à vendre » dit se réjouir de ce premier pas, mais appelle le gouvernement à s’assurer que l’accord couvre l’ensemble des biens mal acquis et demande de rendre plus transparent le processus et les résultats des négociations.
D’après cette structure, la RDC a déjà perdu selon ses calculs, près de 2 milliards de dollars de revenus en raison des contrats douteux conclus avec Gertler entre 2003 et 2020. Et, « malgré l’avènement du Président Tshisekedi au pouvoir, ses sociétés [ de Dan Gertler] continuent à toucher plus de $200.000 par jour grâce à ces anciens contrats. Si rien n’est fait, 1,76 milliards de dollars supplémentaires pourraient échapper aux caisses de l’État entre 2021 et 2039 », alerte la CNPAV qui s’inquiète par ailleurs que « les négociations ne couvrent qu’une partie de ce que Dan Gertler a obtenu illégalement sous le régime Kabila », a déclaré Jean-Pierre Okenda, Chercheur au sein de Resource Matters et membre du CNPAV.
En sus, la coalition appelle le gouvernement à rassurer l’opinion publique que cet accord ne soit pas juste un moyen pour les dirigeants politiques de lever des fonds avant les élections de 2023.
Il sied de rappeler que Dan Gertler est un milliardaire israélien sanctionné en 2017 par le Trésor américain pour corruption au sommet de l’État congolais. Selon le Trésor, il s’était enrichi grâce à des contrats extractifs “opaques et corrompus. Entre fin 2017 et 2021, l’OFAC a sanctionné non seulement Dan Gertler lui-même, mais aussi deux de ses collaborateurs ainsi que 45 autres entités affiliées à Gertler.



Kilikumbi Lusumbasumba Isaac
