L’observatoire de la dépense publique (ODEP) a publié ce jeudi 17 février ses observations sur les finances de la commission électorale nationale indépendante (CENI) qui alimentent ces derniers temps le débat en République Démocratique du Congo(RDC).
Abordant le point de la crédibilité des prévisions budgétaires des opérations électorales, l’ODEP précise que d’après les éléments qu’il a recueillis auprès du gouvernement, la CENI sollicite un décaissement de 640 millions de dollars pour entamer les activités électorales en 2022.
Sur ce, il se dit surpris par cette demande, qui est selon elle, ‘’irrationnelle », d’autant plus que la RDC est à son quatrième cycle électoral.
« En 2018, 52 % du budget des opérations électorales couvraient l’acquisition des matériels et la quincaillerie électorale. Ce qui existe déjà, d’après le rapport du processus électoral 2012 à 2019 », rappelle-t-il
Pour ce faire, l’ODEP estime que le budget actuel ne devrait pas dépasser 350 millions de dollars pour couvrir les élections présidentielles, législatives nationales et provinciales, « même si on y ajoutait la révision du fichier électoral, évalué à près de 70 millions de dollars, si on s’en tient au budget présenté en 2015 pour couvrir les mêmes besoins ».
L’ODEP constate que « le financement du processus électoral est en danger. La course à l’enrichissement illicite, les mauvaises pratiques décriées sous Corneille Nangaa ont refait surface. Le pays n’est pas sorti du vieux démon des élections business ».
Pour éviter le pire, l’ODEP recommande au premier ministre de présenter au parlement un collectif budgétaire à la cession de mars pour examen et vote du budget détaillé de la CENI (…). Au ministre des finances, d’exiger un plan de décaissement avec chronogramme d’activités avant toute mise à disposition de fonds. Et à la CENI de publier un budget détaillé des opérations électorales assorties d’un plan de décaissement pour faciliter le gouvernement à fiancer le processus électoral.
Quant aux organes de contrôle, l’ODEP les demande d’initier un audit complet de la CENI de 2012 à ces jours.
Jean-Paul Tshimanga
