dimanche, 16 novembre 2025

Après la trêve du dimanche, les démêlées avec la justice reprennent pour le vice-premier ministre, ministre de la justice. Célestin Tunda Ya Kasende est attendu ce lundi 29 Juin 2020 au parquet général près la Cour de Cassation pour être auditionné sur les faits à sa charge. Une des plus grandes surprises après la relaxation triomphale du garde des Sceaux.

Le samedi, après avoir passé environ trois heures au Parquet général près la Cour de Cassation et y avoir été longuement auditonné, suite à son interpellation par cette juridiction, Me Célestin Tunda Ya Kasende, vice-premier ministre et ministre de la Justice et Garde de Sceaux, avait été escorté triomphalement jusqu’au siège du PPRD dans la commune de la Gombe.

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Plusieurs caciques du FCC étaient dans sa suite avec notamment Ramazani Shadari, Evariste Boshab, Aubin Minaku et plusieurs militants du PPRD qui ont jubilé cette victoire. Le vice-premier ministre de la justice avait d’ailleurs lancé avoir le soutien du « Boss », allusion faite sans doute à Joseph Kabila, autorité morale du FCC.

Le garde des sceaux s’est rejouit de la solidarité de ses collègues membres du gouvernement qui ont brandi la menace de la démission du gouvernement pour « humiliation d’un ministre ».

Cependant, le dossier de Me Tunda reste pendant devant le Parquet général près la Cour de Cassation, où il est attendu ce lundi 29 juin, pour être auditionné sur des faits à sa charge. Jusqu’à présent, ces faits qui ne sont pas clairement révélés à l’opinion.

Mais tout porte à croire que ce membre du gouvernement est poursuivi pour « faux et usage de faux » à la suite de la transmission par ses soins, en date du 18 juin 2020, à l’Assemblée Nationale, d’une lettre faisant état de l’avis favorable du gouvernement aux trois propositions de lois initiées par les députés nationaux Aubin Minaku et Garry Sakata, alors que tel n’était pas le cas.

Le feu vert de Célestin Tunda, attribué à l’ensemble du Gouvernement, a donné quitus à l’Assemblée Nationale à programmer l’examen de ces textes, d’abord à la Conférence des présidents et ensuite, à la Commission Politique Administre et Juridique (PAJ), avec tous les dégâts humains et matériels enregistrés à Kinshasa.

De l’avis de nombreux observateurs, le VPM Tunda est non seulement coupable de faux, pour avoir fait croire à l’Assemblée Nationale que le gouvernement était totalement d’accord avec la démarche antidémocratique du duo Minaku/Sakata, mais ensuite, avoir tenté de placer devant le fait accompli le Chef de l’Etat, l’unique détenteur du pouvoir discrétionnaire de nomination des magistrats du siège que des parquets, sur proposition du Conseil Supérieur de la Magistrature.

Il est à espérer qu’il va trouver des arguments solides pour justifier son initiative en solo, en violation des textes portant organisation et fonctionnement du gouvernement. S’il ne fait pas attention, il risque de rejoindre, très bientôt, à la Prison Centrale de Makala, l’échantillon des « Kuluna » en cravate qui se croyaient intouchables.

Lubumbashi ainsi que d’autres contrées de la République, où l’indignation du peuple était à son comble face à cette nouvelle tentative de mettre la magistrature sous la coupe du ministre de la Justice.

Plusieurs organisations dont Justicia ASBL estiment que le VPM Tunda est non seulement coupable de faux, pour avoir fait croire à l’Assemblée Nationale que le gouvernement était totalement d’accord avec la démarche antidémocratique du duo Minaku/Sakata, mais ensuite avoir tenté de placer devant le fait accompli le Chef de l’Etat, l’unique détenteur du pouvoir discrétionnaire de nomination des magistrats du siège que des parquets, sur proposition du Conseil Supérieur de la Magistrature.

Mais la Majorité parlementaire estime qu’il n’en est pas question. C’est une pratique courante dans tous les gouvernements. Le FCC estime qu’il s’agit d’une intimidation de l’UDPS qui veut s’arroger tous les pouvoirs.

Chris Lumbu

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