dimanche, 16 novembre 2025

Les membres de confessions religieuses de la République Démocratique du Congo se sont réunis du 08 au 09 juin en cours à Kinshasa pour engager des discussions préalables à la désignation du Président de la Commission Électorale Nationale Indépendante, CENI en remplacement de Corneille Nangaa Yubeluo dont le mandat est arrivé à terme depuis juin dernier.

Alors que l’opinion s’attendait à la proclamation du vainqueur du vote qui devrait suivre ce huis clos, les huit confessions religieuses composant cette assemblée n’ont pas pu se mettre d’accord pour procéder à cette élection.

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Dans un communiqué publié ce mercredi dont une copie est parvenue à election-net.com, ces responsables ds églises congolaises ont part de divergences persistantes à régler avant toute désignation.

« Le lundi 8 juin et le mardi 9 juin 2020, les chefs des confessions religieuses membres de la plateforme de la République Démocratique du Congo, (RDC), sur demande de madame la présidente de l’Assemblée Nationale, se sont réunis au complexe scolaire Cardinal Monsengwo dans le but de désigner leur candidat commun à la CENI.
Après échanges et évaluations, il n’a pas été possible de dégager un consensus sur une personne qui représente les valeurs auxquelles tiennent les confessions religieuses, entre autres le professionnalisme, l’éthique et l’indépendance vis-à-vis des acteurs politiques.
Compte tenu de l’intransigeance des uns et des autres et de rumeurs persistantes de la corruption, aussi par souci de privilégier une solution consensuelle, le président de la séance a jugé bon de ne pas procéder au vote qui reste le dernier recours conformément à la charte des confessions religieuses.
Nous espérons que dans les jours à venir, la recherche du bien-être du peuple congolais l’emportera sur toute autre considération et permettra aux confessions religieuses de trouver un consensus édifiant pour les pasteurs que nous sommes.
Nous saisissons cette occasion pour rappeler que le peuple congolais a besoin des nouveaux animateurs de la CENI qui redonneront confiance à cette institution d’appui à la démocratie.
En marge de cet exercice du choix du candidat Commun de la plateforme des confessions religieuses à la CENI, la CENCO, l’ECC informent à l’opinion qu’elles font partie du consortium pour les réformes électorales auxquelles elles tiennent », font savoir le Cardinal catholique Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa également Vice-présidente de la Conférence Épiscopale du Congo, CENCO et Révérend Docteur André Bokundoa, président l’Église du Christ au Congo, ECC.

Des sources au sein de la composante, la pomme de discorde entre la CENCO-ECC, d’une part et le reste des confessions religieuses largement dominées par les églises évangéliques, l’islam, le Kimbanguste, armée du salut ou encore les orthodoxes reste le consensus autour du nom du candidat président de la CENCI.

Le premier bloc opposé à la continuité de l’héritage nangaa propose Cyril Ebotoko présenté comme integre tandis que le second lui jette son devolu sur Ronsard Malonda, l’actuel secrétaire exécutif de l’institution considéré comme étant l’un des plus fidèles de Corneille Nangaa Yubeluo et donc ayant une expertise plus prononcée en la matière.

Composée de treize membres désignés par les forces politiques au sein de l’Assemblée Nationale, six délégués de la Commission électorale sont censés être composés de deux femmes par la Majorité et de quatre délégués dont une femme par l’Opposition politique.
La société civile y est représentée par trois délégués issus respectivement de Confessions religieuses
Organisations fémines de défense des droits de la femme , Organisation d’éducation civique et électorale.

Instituée dans la constitution du 18 février 2006, la Commission électorale nationale Indépendante fait parti des institutions d’appuis à la démocratie congolaise telles que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la
Communication, la Commission Nationale des Droits de L’homme ou encore le Conseil Économique et Social.

La sensibilité de son action fait de la CENI l’une des institutions pivots de la démocratie congolaise. Depuis sa mise en place, elle a été dirigée par trois présidents qui ont organisé chacun un cycle électoral: Apolinaire Malu Malu, les scrutins de 2006, Daniel Ngoy Mulunda, ceux de 2011 et enfin Corneille Nangaa Yubeluo en 2019.

Malgré un mandat de cinq ans non renouvelable pour chaque animateur, aucun d’entre eux n’a réuni à organiser les élections locales censées parachever le cycle électoral tel que prévu par la constitution congolaise.

Pour certains experts, l’enjeu pour le président Félix Tshisekedi serait de réussir ce pari afin de donner son pays des animateurs à la tête de toutes les institutions de la base au sommet

José-Junior Owawa

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