Des associations et organisations de promotion et de défense des droits de femmes du Kasaï Central ont dénoncé le week-end une « escalade criminelle » des violences physiques et meurtrières dont les femmes et les filles sont victimes dans cette province.
Réunies en collectif, elles ont adressé un mémorandum aux autorités locales à la suite d’une marche de protestation à kananga.
Dans le document, ces femmes évoquent les statistiques pour le moins « alarmantes » des cas d’abus subis par les femmes du Kasaï Central depuis le début de l’année et indexent notamment le secteur opérationnel d’avoir contribué à la dégradation de la situation.
» L’espace Kasaï étant un secteur opérationnel, plusieurs dérapages et abus sont enregistrés sur les femmes et enfants , cela dans toute impunité ou rarement traités par les autorités (…) Le statistiques indicatives disponibles pour le Kasaï Central enregistrent plus de 3262 cas de janvier 2020 à nos jours « , soulignent-elles, ajoutant l’impunité, l’ignorance, la pauvreté, les coutumes rétrogrades et la faible implication des autorités parmi les facteurs .
Ces femmes ont vivement réclamé la levée de la mesure portant création du secteur opérationnel dans la région du Kasaï et ont invité les autorités à prendre en charge les survivantes des violences sexuelles et celles basées sur le genre jusqu’à leur réinsertion sociale.
Pour rappel, le secteur opérationnel Grand-kasaï a été instauré en 2017 par l’ancien président de la RDC dans le but de mettre fin à la crise sécuritaire qui secouait la région.
Van Frédéric Tshilanda depuis Kananga
