dimanche, 16 novembre 2025

La détention des députés provinciaux Jean-Paul Paluku Ngahangondi et Didier Lukogho dans la prison centrale de Goma, continue à faire parler plusieurs personnalités.

Les hommes politiques, défenseurs des droits de l’homme dont les activistes de Mouvements citoyens s’impliquent dans cette question, c’est le cas de Bénite Buhuru, activiste indépendante proche et sympathisante de la Lucha qui, dans une lettre parvenue à election-net.com ce samedi 26 février 2022 a saisi le chef de l’Etat, Felix Antoine Tshisekedi, lui demandant de s’impliquer pour que ceux-là qui sont arrêtés innocemment en cette période de l’état de siège au Nord-Kivu en Ituri, soient relâchés.

Ci-dessous l’intégralité de sa lettre parvenue à Election-net.com :

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« Cri de cœur à SEM Antoine Félix Tshisekedi, Président de la République Démocratique du Congo.

Brisons notre silence face à l’injustice subie par les élus du peuple, les activistes et défenseurs des droits humains.

L’État de siège pour traquer les groupes armés et sécuriser la population : OUI et non pour anéantir et assiéger les élus du peuple et intimider les défenseurs des droits humains et les citoyens consciencieux.

Les droits de l’homme et la démocratie sont sérieusement menacés et le recul de l’État de droit est au rendez-vous, votre excellence.

Monsieur le Président de la République, vous prônez toujours l’État de Droit et la volonté du peuple avant tout ; c’est pour cette raison que vous avez décrété l’État de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, afin de mettre un terme aux massacres des populations civiles. La population a salué et soutenu votre décision et volonté de finir définitivement avec l’insécurité dans la région.

Depuis un moment nous constatons quelques pratiques non conventionnelles et stratégies inappropriées qui fragilisent de plus en plus le mariage civilo-militaire, notamment les intimidations et arrestations des élus du peuple, activistes et défenseurs des droits humains.

Étant garant de la nation, il est urgent que vous agissiez pour renforcer cette confiance de la population aux forces de l’ordre et aux institutions de la République.

La cour militaire du Nord-Kivu dans sa décision du renvoi, accuse l’honorable Didier Lukogho d’avoir provoqué directement à désobéir aux lois.

En l’occurrence, avoir à Kamandi (localité de ce nom, située dans le territoire de Lubero, province du Nord-Kivu, en RDC ) en date du 29 septembre 2021, tenu un meeting populaire au cours duquel il a incité la population de Kamandi et ses environs à désobéir à la Constitution de la République dont émane votre ordonnance présidentielle proclamant l’État de Siège.
Et la désobéissance à la loi No 11/009 du 9 juillet 2021 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de l’environnement, en soutenant que l’ICCN n’a pas de terre c’est plutôt pour les ancêtres.

Aucun audio ou vidéo prouvant toutes ces accusations n’a été montré ni à l’honorable Didier Lukogho, ni aux juges.

Quant à l’honorable Jean-Paul NGAHANGONDI, élu de Beni Territoire, arrêté depuis le 6 février 2022 par le commandant PNC ville de Goma, conduit à l’ANR où il avait passé 3 jours avant d’être transféré à l’auditorat supérieur du Nord-Kivu, puis à Munzenze. Il est accusé d’être instigateur des mouvements citoyens et groupes de pression qui ont lancé la campagne Bay-bay ÉTAT DE SIÈGE en ville de Goma.

« Ils ont dit que je suis même le bailleur des fonds de ces mouvements et groupes de pression. Ils ont imprimé mes tweets, vérifier dans mon téléphone portable pour me charger et appuyer leur thèse; Ils m’ont dit qu’ils ont trouvé quelques numéros de téléphone des militants dans mon répertoire et que j’étais actif dans certains groupes WhatsApp hostiles au chef de l’État », dixit Hon Jean-Paul Paluku Ngahangondi.

Griefs retenus à sa charge : Invitation à la population de se soulever contre les autorités, Outrage au chef de l’État, Outrage à l’armée et à la police.

L’honorable Josué Mufula Jive, député national, pour son opinion contraire à celle des animateurs de l’État de siège a été aussi arrêté et bénéficié d’une liberté provisoire trois jours plus tard.

Pour rappel :

  • Luc Malembe, acteur politique, est toujours détenu en prison centrale de Bunia pour son opinion;
  • 13 militants de la Lucha sont détenus en prison centrale de Beni, arrêtés depuis le 11 novembre 2021 alors qu’ils étaient rassemblés pacifiquement devant l’hôtel de ville de Beni pour protester contre la persistance de l’insécurité dans la région et appeler à une évaluation conséquente de l’État de siège avant sa douzième prorogation.
    Il est à noter qu’en date du 24 janvier 2022 Mumbere Ushindi militant de la Lucha, a été aussi tué à Beni dans une manifestation pacifique pour avoir exigé le renforcement des stratégies pour sécuriser les populations civiles et une fin définitive de l’insécurité dans la région.
  • Enfin, les deux jeunes artistes de Beni : Delcat Idengo et Muyisa Makasi ont exprimé l’inquiétude absolue et l’incertitude extrême de la population meurtrie par contrainte morale irréversible.
    Ils devraient être compris et non arrêtés puis condamnés en des peines aussi lourdes votre excellence.

L’État de siège ayant pour mission de traquer les forces négatives et sécuriser les populations a connu quelques avancées certes, mais aussi et surtout manifesté beaucoup de limites (plusieurs tueries et kidnapping dans les villes de Goma, Beni, Butembo.., des incursions, des massacres des populations civiles, arrestations des élus et défenseurs des droits humains…).

Il est possible d’adapter l’État de siège à l’évolution du contexte; une évaluation conséquente avant une éventuelle prorogation est une urgence et nécessité votre Excellence.

Bénite Buhuru, citoyenne consciencieuse ! »

En rappel, depuis le début de l’état de siège, plusieurs arrestations sont signalées au Nord-Kivu comme en Ituri. Des acteurs politiques, défenseurs de droits de l’homme se sentent limites dans leur façon de faire. Et ce, suite aux interpellations et arrestations auxquelles ils sont victimes. Au Nord-Kivu, les deux députés provinciaux, Jean-Paul Paluku Ngahangondi et Didier Lukogho croupissent toujours dans la prison centrale de Goma, « et ce pour avoir donné un avis contraire par rapport à l’état de siège », soulignent leurs proches.

Prince Bagheni, à Goma

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