Une vingtaine de dirigeants mondiaux appellent à la signature d’un traité international permettant de mieux gérer la prochaine crise sanitaire. Le but : renforcer le partage d’information et mieux mutualiser la lutte contre les pandémies.
Cette initiative a reçu mardi le soutien formel des dirigeants d’une vingtaine de pays d’Europe, d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Asie, ainsi que de deux Etats insulaires des Caraïbes et d’Océanie – mais pas de la Chine ni des Etats-Unis – dans une tribune relayée par différents médias, dont le quotidien Le Monde en France.
Ce texte collectif, signé par le directeur général de l’OMS et le président du Conseil européen, a également été signé par les dirigeants des pays suivants: Afrique du Sud, Albanie, Allemagne, Chili, Corée du Sud, Costa Rica, Espagne, îles Fidji, France, Grèce, Indonésie, Italie, Kenya, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni, Rwanda, Thaïlande, Trinité-et-Tobago, Tunisie, Sénégal, Serbie et Ukraine.
« Il y aura d’autres pandémies et d’autres situations d’urgence sanitaire de grande ampleur. Aucun gouvernement ni aucun organisme multilatéral ne peut, seul, faire face à cette menace », écrivent les signataires pour qui il est urgent de « tirer les enseignements » du Covid-19 afin d’oeuvrer à « une plus grande responsabilisation mutuelle et à un partage des responsabilités ».
Faiblesses et divisions
L’actuelle pandémie « a mis en évidence les faiblesses et les divisions de nos sociétés, et il est maintenant temps de se rassembler », a plaidé Charles Michel, qui préside l’instance réunissant tous les dirigeants européens et avait été l’un des instigateurs de ce projet. D’après un décompte effectué par l’AFP, 53 % des doses de vaccin administrées dans le monde depuis le début de la pandémie l’ont été dans des pays à revenu élevé, contre 0,1 % dans les pays pauvres.
Selon la tribune, le traité « serait enraciné dans la constitution de l’OMS, faisant appel à d’autres organisations pertinentes essentielles à cet effort, à l’appui du principe de la santé pour tous ». « Les instruments de santé mondiaux existants, en particulier le Règlement sanitaire international, sous-tendent un tel traité, garantissant une base solide et éprouvée sur laquelle nous pouvons construire et améliorer », ajoutent les dirigeants mondiaux.
La tribune a été signée par :
J. V. Bainimarama, Premier ministre des Fidji; Prayut Chan-o-cha, Premier ministre de la Thaïlande; António Luís Santos da Costa, Premier ministre du Portugal; Mario Draghi, Premier ministre d’Italie; Klaus Iohannis, Président de la Roumanie; Boris Johnson, Premier ministre du Royaume-Uni; Paul Kagame, Président du Rwanda; Uhuru Kenyatta, Président du Kenya; Emmanuel Macron, Président de la France; Angela Merkel, Chancelière de l’Allemagne; Charles Michel, Président du Conseil européen; Kyriakos Mitsotakis, Premier ministre de la Grèce; Moon Jae-in, Président de la République de Corée; Sebastián Piñera, Président du Chili; Carlos Alvarado Quesada, Président du Costa Rica; Edi Rama, Premier ministre de l’Albanie; Cyril Ramaphosa, Président de l’Afrique du Sud; Keith Rowley, Premier ministre de Trinité-et-Tobago; Mark Rutte, Premier ministre des Pays-Bas; Kais Saied, Président de la Tunisie; Macky Sall, Président du Sénégal; Pedro Sánchez, Premier ministre espagnol; Erna Solberg, Première ministre de Norvège; Aleksandar Vučić, Président de la Serbie; Joko Widodo, Président de l’Indonésie; Volodymyr Zelensky, Président de l’Ukraine; Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé
