Épuisés par les efforts supplémentaires et sans autre recours, les infirmiers du Québec ont pris la difficile décision de remettre leur démissions alors que la province tente de se préparer à une deuxième vague cet automne.
Au moins 800 infirmières en poste ont démissionné depuis le début de la pandémie rien que dans la ville de Montréal, selon des chiffres compilés par le média Ledevoir.
«J’en ai ras le bol d’avoir peur de faire des erreurs (qui peuvent être fatales pour le patient et pour mon droit de pratique) parce que surchargée de travail et trop pressée, ras le bol de donner des soins à la course à des patients pris en otage dans ce système de santé plus que malade » a écrit Sandra Ladouceur dans une correspondance adressée au directeur des ressources humaines de l’hôpital du Saint-Sacrement il y a de cela 6 mois.
Selon Nancy Bédard, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), si tous les départs ne sont pas forcément liés à la crise sanitaire, il sied de rappeler que la gestion du gouvernement a sans aucun doute contribué à cette »vague de démissions’’.
A l’en croire, d’autres infirmières sont déçues du fait que le gouvernement canadien ait suspendu les conventions collectives bien que contestée par les syndicats d’infirmières.
Pour beaucoup, l’arrêté ministériel du 21 Mars fut la goutte qui a fait déborder le vase. Il a permis aux gestionnaires d’annuler les congés des infirmières, leurs vacances et de passer outre leurs conventions collectives.
À l’urgence de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, par exemple, « tout le monde à temps partiel a été augmenté à temps plein, relève Mme Richer-LeBlanc. Les vacances et les congés fériés ont été annulés ». Au départ, personne n’a rechigné, conscient du caractère exceptionnel de cette pandémie et prêt à se relever les manches. Mais rapidement, ses collègues et elle ont déchanté.
« On s’est retrouvés avec beaucoup de personnel et peu de patients », explique l’infirmière, rappelant que les hôpitaux ont été relativement épargnés par la COVID-19, contrairement aux CHSLD. Mais la charge de travail n’a pas diminué. L’arrêté a surtout permis de pallier le manque criant de main-d’œuvre qui existait avant la crise, dit-elle
